Les psycho-traumatismes
- Justine Teske
- 14 févr.
- 4 min de lecture
Les étudier c'est comprendre ce qui se joue en nous
Définition
Un psycho-traumatisme est une blessure psychique, invisible mais bien réelle.
Il survient lorsqu’un événement ou une série d’événements dépasse notre capacité d’adaptation.
Lorsque cette expérience n’a pas pu être « digérée » par notre système nerveux, elle ne s’intègre pas correctement dans notre mémoire. Les émotions restent alors comme figés au moment du choc, dans le passé, et le corps somatise.
Ce n’est plus seulement un souvenir : c’est une expérience qui continue à se rejouer dans le présent.
En situation normale de stress, notre cerveau mobilise des réseaux de mémoire pour traiter l’événement. Ces réseaux peuvent fonctionner de manière adaptée… ou devenir dysfonctionnels.
Il y a dysfonctionnement lorsque les réactions deviennent disproportionnées, automatiques, presque incontrôlables (phobbies, isolement social, violence, addictions...)
Une situation banale peut alors déclencher une réaction intense, comme si notre survie était menacée.
Lorsque ces réactions envahissent la vie quotidienne, les relations , lorsque l'individu n'est plus au service de lui-même et de son bien-être, alors nous ne sommes plus dans une réponse adaptée au présent, mais dans la réactivation d’un événement passé.
Regardons les de plus près
On distingue généralement deux types de psycho-traumatismes :
1. Le traumatisme simple
Il s’agit d’un événement unique, limité dans le temps, avec un début et une fin clairement identifiables (accident, agression, catastrophe…).
2. Le traumatisme complexe
Il correspond à des blessures répétées, prolongées ou multiples, souvent vécues dans l’enfance.
Ces expériences fragilisent progressivement l’ensemble du système émotionnel et relationnel.
Dans nos sociétés, les traumatismes complexes sont fréquents. Les premiers chocs non intégrés durant l’enfance peuvent servir de socle à des réactivations ou reviviscences ultérieures : chaque nouvel événement traumatique vient s’ajouter aux précédents.
Le corps et les émotions
Chaque émotion a une traduction corporelle. Le système émotionnel envoie des signaux au corps afin de le préparer à agir a chaque instant.
Observer où l’émotion se manifeste dans le corps est une première étape pour retrouver un sentiment de stabilité émotionnelle à la suite trauma. C’est d’ailleurs un axe central de nombreuses approches thérapeutiques, comme la kinésiologie.
On pourrait résumer le système ainsi :
Le mental analyse, interprète et se prend pour le maitre du monde.
Les émotions guident notre vie, mais sont influencées par le passé et le futur.
Le corps, lui, ressent et est toujours dans le présent.
Lors d’un psycho-traumatisme, une partie de nous reste bloquée dans le passé.
Revenir aux sensations corporelles permet de se réancrer dans l’instant présent et d’apaiser le système nerveux.
Bonnes nouvelles!
La bonne nouvelle c'est que tous les événements difficiles ne deviennent pas des psycho-traumatismes. OUF!
Heureusement, notre organisme possède une formidable capacité d’intégration.
Dans de nombreux cas, les émotions se régulent naturellement en quelques heures ou quelques jours.
S’observer avec bienveillance durant ces périodes est déjà une ressource précieuse.
De plus notre corps, par une magnifique organisation, nous protège.
En effet, lors d’un choc, notre système nerveux met en place des mécanismes de défense pour assurer notre survie. Et c’est une excellente chose! Merci à lui
Le problème apparaît lorsque ces mécanismes, utiles à un moment donné, continuent de s’activer alors que le danger n’existe plus.
C’est un peu comme si des dossiers non traités restaient sur notre bureau mental, demandant toujours notre vigilance et prêts à se rouvrir au moindre rappel de l’événement ou sentiment d'agression.
Les réponses automatiques qui se déclenchent dans l'instant sont souvent celles qui nous ont permis de survivre hier. Elles étaient adaptées à ce moment-là mais elles ne le sont plus forcément aujourd’hui.
Encore une bonne nouvelles, c'est à ce moment la que les thérapies peuvent intervenir.
Et le cerveau dans tout cela ?
Le système limbique, souvent appelé « cerveau émotionnel », est responsable des réactions instinctives de survie. C'est lui qui va rendre plus accessible les situations chargées en emotions.
Lors d’un choc, il peut être hyperstimulé. Si le cerveau est dépassé par l’intensité de l’événement, alors il n’arrive plus à traiter les informations de manière habituelle. L’expérience reste « en suspens ».
Face au danger, le cerveau déclenche des réponses automatiques, généralement dans cet ordre de priorité :
Le combat
La fuite
La sidération
D’autres stratégies peuvent apparaître : soumission, attachement excessif, agitation…
Et chez l’enfant ?
L’enfant dépend de l’adulte pour sa survie. Nous sommes dependants de nos parents durant 1/4 de notre vie. Le combat et la fuite ne sont donc pas toujours accessibles pour l'organisme. La sidération devient souvent la réponse privilégiée.
Les croyances construites dans l’enfance pour survivre à une situation ne sont plus forcément adaptées à l’âge adulte. Le travail thérapeutique consiste alors à redonner à l’adulte son pouvoir d’agir sur la gestion des evenements vécus.
À ne pas confondre : le trouble de stress post-traumatique
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un diagnostic médical reconnu. Il se caractérise par un état de stress persistant au-delà de plusieurs semaines après l’événement et pouvant durer des mois, voire des années. Cela se transforme le plus souvent en des croyances limitantes ou des peurs difficile à surmonter.
Lorsque les symptômes s’installent, un accompagnement professionnel est essentiel le plus rapidement possible.
L’essentiel à retenir
Un psycho-traumatisme correspond à la non-intégration d’un événement fortement chargé émotionnellement.
Son impact empêche l'individu d'être au service de lui-même et de son bien-être au travers de réactions disproportionnées qui envahissent la vie quotidienne, les relations.
Le corps et l'instant présent jouent un rôle central dans la régulation émotionnelle.
Tous les chocs ne deviennent pas des psycho-traumatismes.
Les mécanismes de défense sont normaux et protecteurs, mais peuvent devenir des symptômes très limitants s’ils persistent.
Si des émotions intenses persistent au-delà de quelques semaines (environ 4 semaines), il est important de consulter un professionnel.
La kinésiologie, tout comme d'autres thérapies, existe pour se libérer de ces traumas et retrouver une stabilité émotionnelle
TIPS: Que faire face à une personne en état de stress post-traumatique ?
Lorsqu’une personne inconnue, amis ou famille, vit ou revit un traumatisme, elle peut sembler figée, agitée ou déconnectée. Elle n’est plus totalement dans le présent.
Votre rôle à ce moment là n’est pas de lui faire raconter l’histoire.
Il est de l’aider à revenir ici et maintenant.
Quelques pistes simples :
« Est-ce que je peux vous toucher ? »
« Prenez ma main. »
« Regardez-moi dans les yeux. »
« Comment je m’appelle ? Où sommes-nous ? »
« Levez-vous et faites quelques pas. »
« Prenez une grande respiration. »
La relation et le corps sont les portes d’entrée vers le présent.



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